mercredi , 20 septembre 2017
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Projet « Smart Tunisia »

Projet « Smart Tunisia »

La Tunisie, destination compétitive pour l’offshoring

  Promouvoir l’employabilité demeure une priorité absolue de l’Etat qui veille d’ores et déjà à la diversification des programmes d’incitation et de promotion de l’emploi. « Smart Tunisia » est l’un des programmes d’envergure destiné aux entreprises du secteur de l’offshoring, visant la création de 50 mille emplois durant les prochaines années, notamment dans les domaines de l’Offshoring, du Nearshoring et de la colocalisation. Élaboré dans le cadre d’un partenariat public-privé, ce programme vient à point nommé dynamiser le secteur de l’offshoring dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, à travers la mise en place de mécanismes d’incitations favorisant la convergence de l’offre et de la demande d’emploi dans ce secteur. Pour l’exercice des cinq prochains années, un budget de 500 millions d’euros a été mobilisé sous formes d’incitations, afin d’accompagner les opérateurs internationaux et locaux dans leurs stratégies de croissance et de développement de leurs activités. Le programme se veut également un interlocuteur unique pour les entreprises bénéficiaires et les investisseurs étrangers. L’objectif assigné est aussi de faire de la Tunisie le leader de l’offshoring, voire un hub et une plateforme de compétences pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Le programme offre moult avantages, notamment aux entreprises exerçant dans le domaines de l’offshoring ( les services de recherche et développement, le développement d’applications et logiciels informatiques, les services de traitement de données, les relations clients et services connexes) et qui souhaitent adhérer à ce projet, en leur accordant des facilités, aux nouvelles recrus parmi les demandeurs d’emplois en bénéficiant d’une prise en charge des frais de formation plafonnée à 5000 DT à travers le Fond national de l’emploi. Une prime de recrutement moyennant 700 dinars/ an sera accordée à chaque recru, sur une période de sept ans. Mieux encore, l’Etat prend en charge la contribution patronale du promoteur au régime légal de sécurité sociale à raison d égout contrat de travail conclu avec un primo-demandeur d’emploi, titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Cette prise en charge s’applique durant une période de cinq ans, à partir de la date de recrutement. Lancé en novembre 2015, le projet « Smart Tunisia » a été marqué par la conclusion de 12 accords avec des investisseurs étrangers et tunisiens devant créer, à travers leurs entreprises, 3100 emplois, ce qui redonnera de l’espoir aux jeunes issus des métiers du numérique. Parmi les entreprises qui ont signé ces conventions, citons: Ericsson, Ardia, Allison, Cynapsys, Focus, SWC, Proxym-IT, Vermeg … Selon M.Nooman Fehri, ministre des technologies de la communication et de l’économie numérique, la Tunisie est à 6% de son objectif sur cinq ans, ce qui est satisfaisant.

La convention « Smart Tunisia »

Le projet Smart Tunisia qui prévoit l’emploi de diplômés de l’enseignement supérieur, « aura un impact favorable sur l’économie nationale et participera à positionner la Tunisie en tant que plateforme régionale de services informatiques et services liés aux technologies de l’information ».
Pour inciter les promoteurs à adhérer à ce projet, la Tunisie en tant que destination attractive pour le développement de ses activités doit fournir l’environnement adéquat et propice à la pratique des affaires, une politique résolument tournée vers le développement des TIC, une main d’oeuvre qualifiée et des conditions incitatives a l’investissement.
À travers ce projet, le promoteur « apporte son crédit à la Tunisie sur la scène économique internationale comme une place de choix pour les investissements internationaux, dans des activités à forte valeur ajoutée ».
Pour les besoins de ses activités, le promoteur bénéficie de toute facilité administrative pour l’emploi de la main d’oeuvre étrangère, à raison de quatre agents d’encadrement et de maîtrise de nationalité étrangère.
L’Etat sera appelé, suite à la décision du promoteur d’investir en Tunisie, a fournir les conditions adéquates pour la création d’un grand nombre d’emplois à haute valeur ajoutée ainsi que la pérennisation et l’augmentation des emplois directs créés par l’activité du promoteur dans les services informatiques, les infrastructures de support nécessaires ou encore les services divers comme la restauration, les transports ou la maintenance des locaux. La formation contribue à la diffusion de la culture numérique et à la qualité des ressources humaines.
Le promoteur de son côté s’engage, sous la condition d’octroi des mesures incitatives et des facilitations administratives contenues dans la convention, à tout mettre en oeuvre pour réaliser plusieurs objectifs dont l’accroissement et la formation de l’effectif tout au long de la durée de son projet, et ce, dans le cadre de sa politique de promotion des ressources humaines.
Il sera appelé également à mener une campagne de publicité et de communication sur les avantages de son implantation en Tunisie et le développement de ses activités dans le pays. Ainsi, le promoteur s’engage à devenir partenaire officiel de l’Etat tunisien dans les séminaires, forums, salons, foires…organisés par le pays, visant la promotion des TIC.
L’Etat quant à lui s’engage à permettre au promoteur l’accès aux ressources de financement publiques d’encouragement à la formation pré-emploi ou continue. Les frais de cette formation pré-emploi à la charge de l’Etat, sont à hauteur de 5000 dinars maximum par primo-demandeur, accordés aux candidats présélectionnés par le promoteur. « Ces frais couvrent la formation, la mise à niveau et les éventuelles certifications et le renforcement de l’employabilité ».
D’un autre côté, l’Etat tunisien « accorde au promoteur le bénéfice de l’intervention du fonds pour le financement de son programme de certification des compétences de ses cadres dans le domaine des TIC. Les agents à certifier doivent être titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ».
L’intervention du fonds sera de l’ordre de 70% du coût du programme . « Le montant de cette participation ne peut pas dépasser 50.000 dinars annuellement par entreprise ».
Il est à signaler que la validité de cette convention est définie à 10 ans. N.H.

Interview: Mr Elyes Jeribi, Directeur exécutif du projet Smart Tunisia

Convergence de l’offre et de la demande d’emploi

Pouvez vous nous donner un aperçu sur le projet Smart-Tunisia, ses objectifs, ses implications économiques et ses perspectives d’avenir?
Le projet Smart-Tunisia a pour objectif ambitieux de faire de la Tunisie un Hub technologique pour l’Afrique et une plateforme de construction de ce que devrait être la « Gateway to Africa ». Conçu dans le cadre d’un partenariat public-privé, le projet Smart-Tunisia répond à une volonté de dynamisation du secteur de l’ICT, à travers la mise en place de mécanismes d’incitations favorisant la convergence de l’offre et de la demande d’emploi dans le secteur.
L’Etat tunisien a ainsi alloué, pour la réalisation du projet qui s’étale sur cinq ans, un budget équivalent à 500 millions d’euros sous forme d’incitations, afin d’accompagner les opérateurs internationaux et locaux dans leurs stratégies de croissance et de développement.

Quel est l’état d’avancement du projet depuis son lancement?
Depuis le début du projet, nous avons signé 17 conventions pour la création de nouveaux centres de services et l’extension d’entreprises nationales et internationales existantes. Ces entreprises se sont engagées sur la création de 4000 emplois dans les régions. Actuellement, plusieurs centres de services ont été crées dans le cadre du programme de Smart-Tunisia dans les gouvernorats de Gabes, Tozeur et prochainement au Kef.

Quelles mesures préconisez-vous pour dynamiser le développement de l’employabilité au sein des entreprises du secteur de l’offshoring?
Le programme Smart-Tunisia s’est fixé comme objectifs au cours de l’année 2016, d’apporter de nouvelles affaires, créer 6000 emplois et d’accompagner les entreprises signataires de 2015 dans la réalisation de leurs objectifs durant cette année.
Il s’agit, en fait, de définir et mettre en oeuvre une stratégie commerciale locale et internationale accompagnée par une stratégie de communication et de promotion. De même, le programme vise à identifier les programmes de formation existants et accompagner la création de nouveaux programmes répondant aux besoins des entreprises.
Pour atteindre ces objectifs, le projet smart tunisien s’est focalisé sur l’axe talent prenant en compte le besoin des investisseurs en ressources humaines ainsi que la dynamisation de la formation dans le secteur de l’offshoring.

Propos recueillis par N.H